Please select your home edition
Edition
upffront 728x90

Vendée Globe - Les mots de Bernard Stamm après son arrivée

by Cheminées Poujoulat on 8 Feb 2013
Arrivée de Bernard Stamm - 2012 Vendee Globe ThMartinez/Sea&Co © http://www.thmartinez.com
Vendée Globe - C'est hier soir, à 22h30, que Bernard Stamm en a fini avec son tour du monde en solitaire. 88 jours 10 heures 27 minutes et 10 secondes après son départ, il a retrouvé sa famille, son équipe, ses partenaires et l'enthousiasme du public vendéen. Malgré l'heure tardive, les Sablais n'ont pas manqué le rendez-vous attendu de si longue date par le skipper de Cheminées Poujoulat et sont venus saluer comme il se doit la première remontée du chenal de ce marin qui a définitivement marqué l'histoire du Vendée Globe de sa ténacité, de son engagement et de son honnêteté.

Après quelques heures de sommeil à terre, dans un vrai lit, le Suisse s'est prêté au jeu de la traditionnelle conférence de presse. Un moment tout à la fois drôle et émouvant, à son image. Un reflet de l'incroyable parcours qu'il a déroulé depuis le 10 novembre dernier. Morceaux choisis...

'Pour moi c'était logique de rentrer aux Sables d'Olonne. Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre? Laisser le bateau, prendre un avion et demander à quelqu'un de le ramener? Impossible ! Et puis il y avait le projet Rivages et le fameux Mini Lab initié par la Fondation Sandoz et mené avec Océanopolis et l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Lui il a continué à faire des analyses d'eau, sur tout le parcours. Rien ne nous empêchait de mener ce projet là à bien. Il y a juste eu deux arrêts : un problème de soft et quand je n'avais plus de courant, il n'y en avait plus pour le Mini Lab non plus.

'Quand je suis repassé en tête dans l'Indien, c'est le jour où les problèmes se sont vraiment dégradés. Les premiers je l'ai ai eu dès le deuxième jour de course, quand l'hydrogénérateur s'est arraché de son support. Par contre là, j'avais des solutions de rechange parce j'avais encore du fuel. Je pouvais courir à peu près mais je repoussais le problème. Je savais qu'à un moment donné ça allait venir. J'ai essayé plein de trucs : restrater, solidifier le support... mais ça n'a pas marché.

'J'ai perdu 7 kilos. Je n'avais pas beaucoup de gras et là il n'y en a plus ! Comme je n'avais pas assez de gras, j'ai pris un peu de muscle là où ça ne servait pas pour en mettre où il y avait besoin. Mon souci de colonne de winch a puisé dans les réserves. Ce problème a rendu le bateau très dur. On a fait un entraînement physique avant, mais ce n'était pas adapté à la course que j'ai faite. C'était adapté à une course sans souci. C'est tout le problème de la préparation

'Il y a un peu des deux. Mais il n'y a pas de fatalité dans ce qui arrive. On paie un peu les premiers retards qu'on a eu dans ce projet. Le fait d'avoir tapé un container dans la Transat Jacques Vabre a fait très très mal à notre programme. Il manque deux transats. Ces bateaux là sont compliqués. Comme ce sont des prototypes, ce sont des choses qu'on met en place et qui sont à tester sur la durée. Il n'y a que les transats pour le faire et ça nous a fait défaut. Le temps d'aller chercher le bateau et de le reconstruire, ça a créé un décalage dans notre préparation par rapport aux autres qui était très pénalisant. Ca aurait pu marcher mais il y a des choses à côté desquelles on est passé.

La particularité aussi c'est que c'est un plan Juan Kouyoumdjian et qu'il n'avait pas de petit frère. On n'a pas pu se servir de l'expérience des autres pour avancer plus vite. On a fait des erreurs de conception comme le roof par exemple, que l’on a du modifier avant le Vendée Globe. Il y a un paramètre que j'ai zappé c'est la protection. Tout ce temps là tu le paie et le chantier que tu n'as pas fait à terre, tu le fais en course...

'Ai-je fait une erreur ? Pour rester en course oui forcément j'en ai fait une ! Mais une erreur pour garder mon bateau en état, non ! Je ne sais pas ce que j'aurai pu faire d'autre. J'aurai pu faire autrement, le bateau russe aurait pu ne pas être là. Mais s'il n'avait pas été là, j'aurai été hors course tout de suite. Partir de là-bas sans avoir fini de réparer les hydrogénérateurs, la course s'arrêtait. Tout est allé très vite. J'ai dit au jury que je n'avais pas trouvé d'argument quand le marin est monté à bord. Ce n'est même pas que je n'ai pas trouvé d'argument, c'est que je n'ai pas eu le temps. Il n'ont peut-être pas tenu compte ou pas réalisé qu'en 2008 j'ai perdu un bateau comme ça. A un moment donné la course c'est bien mais il faut faire les choses comme un marin. Là c'était le cas. J'ai juste fait ce que je devais faire... Le Vendée Globe n'a pas besoin de ça. Le Vendée Globe a besoin de bateaux qui reviennent !

'Je pense que les bateaux sont tous durs. Au début il était très très dur du fait du plan de voilure très différent qui rendait les manœuvres très compliquées. C'était les douze travaux d'Hercule. Mais je ne pense pas que ce soit plus dur que pour François (Gabart) ou Armel (Le Cléac'h), après ils ne m'ont pas invité sur leurs bateaux (rires) ! Mais en règle générale, ces bateaux sont durs. Ils sont puissants. Je pense que les choix étaient bon et ça nous a permis de ne pas faire comme les autres ! Le but c'était de réfléchir par nous même, quitte à arriver à la même chose. Mais on voulait avoir cette démarche.

'C'est le support qui n'était pas adapté, c'était l'implantation qui était mal conçue. Les hydrogénérateurs, quand ils étaient dans l'eau et qu'ils tournaient, ils marchaient nickel. Ce n'est pas ça qui est en cause. Ca aurait pu l'être mais on n'a finalement même pas eu le temps de le voir. On les a eu tardivement. On voulait les mettre pour la Transat Jacques Vabre mais ils étaient trop près des safrans et ça cavitait. On les aurait arraché au bout de deux jours de la même manière. Mais c'est vrai qu'on aurait su qu'au lieu de prendre 160 litres de fuel, il fallait en prendre 320.

'Quand les galères sont finies on ne retient que le positif ! Avant d'arriver au Brésil, le long du front, les conditions de mer étaient vraiment mauvaises. Le bateau tapait à ne plus pouvoir le voir ! A un moment donné, tu maudis ton bateau. Là je ne le maudis plus parce que c'est passé ! Après ça passe par un débrief sérieux pour se servir de ce qui s'est passé pour ne pas que ça arrive de nouveau. Aussitôt que quelque chose ne marche pas, c'est de l'agression. Hier dans le golfe, le bateau allait à plus de vingt nœuds et je savais que il ne rentrait pas dans le chenal mais je ne pouvais pas le ralentir. Le bateau, lui, ne s'arrête pas.

Faut-il désormais être jeune et ingénieur pour gagner le Vendée Globe ?

'Je ne pense pas. François, Armel et certains d'autres viennent d'une filière de compétition en dériveur. Cette expérience je ne l'ai pas et je l'aurai jamais mais j'ai d'autres choses qu'eux n'ont pas. Je pense que ça se joue vraiment dans la préparation, en grande partie. C'est une réalité. C'est une des clés de la réussite.

Un sentiment de fierté ?

'Je suis content d'avoir mené Cheminées Poujoulat autour du monde. La terre est grande et c'est pavé de complications tout au long du trajet. Je suis content d'avoir fait ça, ce n'est pas anodin. La remontée de l'Atlantique, tu as l'impression de faire un voyage d'une planète à l'autre tellement c'est long. Tu as l'impression de revenir de très loin, c'est interminable. Je suis content d'être passé au travers de tout ça. Je suis fier du chemin parcouru '.

http://www.vendeeglobe.org/

Schaefer 2016 Ratchet Block 660x82Naiad/Oracle SupplierAncasta Ker 33 660x82

Related Articles

Vendée Globe – Yann Eliès and his team relaunch 60-ft IMOCA in Lorient
Yann is now on the final stretch before the event and will be taking part in the three training courses. Yann is now on the final stretch before the event and will be taking part in the three training courses organised at the Finistère Ocean Racing Centre in Port-la-Forêt (Brittany). He will also take part in the Azimut Trophy. Yann Eliès tells us about the work that has been done and what lies ahead in the final part of his preparation.
Posted on 26 Aug
Vendée Globe – A long trip between France and Iceland for Heerema
After completing two solo transatlantic crossings in the spring, Pieter Heerema is currently on his third major trip. After completing two solo transatlantic crossings in the spring, Pieter Heerema is currently on his third major trip. Thanks to this voyage from France to Iceland and back, the Dutch skipper is finding out more about No Way Back, the new generation IMOCA on which he will line up on 6th November
Posted on 26 Aug
Phoenix returns and Cayard is back for the TP52 World Championships
Richard Cohen will compete at the championships in Mahón, Menorca, with Phoenix, which will be skippered by Paul Cayard. The carefully assembled team includes a core group of sailors who have many years of experience in the class, but Cayard cautions that their initial objective is to learn and improve together in line with their long term goal, to be competitive on the 2017 52 Super Series.
Posted on 26 Aug
Michael Marshall triumphs at J/22 World Championship
With a second place finish in Thursday’s only race, Mike Marshall, Todd Hiller and Luke Lawrence are the champions. Heading into the 10th and final race, Marshall and Chris Doyle were tied on points at 30. As the 41 teams arrived at CORK in the morning, the after effects of an overnight storm left breeze in the mid-20s, so the Race Committee postponed on shore.
Posted on 25 Aug
Best pictures of the first 4 Acts of the Extreme Sailing Series™
An influx of fresh talent have all added to the hype, but the greatest evolution is the replacement of the Extreme 40. An influx of fresh talent, new venues and a revised race format have all added to the hype, but the greatest evolution is the replacement of the Extreme 40 by a smaller, faster catamaran: the flying GC32.
Posted on 25 Aug
Return to Russia for the Extreme Sailing Series™
Joining the fleet as the season heads into its second half is Gazprom Team Russia, led by WMRT champion, Phil Robertson. With one week to go, the fleet returns to St Petersburg for the fifth Act of the season, presented by SAP, 35 of the world’s best sailors are getting their heads in the game and preparing for the one of the trickiest venues of the season so far.
Posted on 25 Aug
Marshall and Doyle tied on points at J/22 World Championship
By way of a victory in Wednesday’s third race, Mike Marshall, Todd Hiller and Luke Lawrence are tied at 30 points By way of a victory in Wednesday’s third race, Mike Marshall, Todd Hiller and Luke Lawrence are tied at 30 points with Chris Doyle, Will Harris and Adam Burns. Jeff Todd is still in the hunt in third place with 35 points.
Posted on 24 Aug
Debriefing the 2016 Rio Olympics—Sailing news North America and beyond
Editorial Editorial
Posted on 23 Aug
The Clipper Race turns 20!
Throughout the race, tales of crew celebrating birthdays on board filter back and they are always a special occasion Throughout the race, tales of Clipper Race crew celebrating their birthdays on board filter back and they are always a special occasion, likely to remain a completely unique event in their lifetime.
Posted on 23 Aug
A magnificent fleet gathers in Cowes for Etchells World Championship
58 teams from all over the world have entered the championship, hosted by the Royal London Yacht Club. Twenty teams are from Great Britain and a dozen each from Australia and the United States of America. Four entries are from Hong Kong and as far afield as: Bermuda, Ireland, New Zealand, Portugal, Singapore, and the United Arab Emirates.
Posted on 22 Aug