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Solitaire du Figaro - La fable du raz

by Marie Le Berrigaud Perochon on 16 Jun 2013
Gildas Morvan - Cercle Vert - Solitaire du Figaro 2013 © Alexis Courcoux
Les premiers solitaires sont attendus à Roscoff en plein milieu de la nuit, car toutes les conditions étaient réunies pour accélérer le rythme de cette troisième étape de La Solitaire du Figaro-Eric Bompard cachemire.

Morgan Lagravière (Vendée) est en passe de finaliser un superbe parcours puisqu'il virait en tête l'île d'Yeu la nuit dernière, puis après avoir laissé le leadership quelques heures à Adrien Hardy (Agir recouvrement), a repris les commandes aux abords de Penmarc'h. Après le raz de Sein, les spinnakers fleurissaient alors que l'avarie d'étai de Yann Eliès au large des Glénan pourrait faire fondre son avance sur ses poursuivants…

'Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.' Cette morale de la fable de La Fontaine (Le lion et le rat) révèle bien le travail de sape de Morgan Lagravière (Vendée) qui a construit son leadership au passage du raz de Sein (à 16h30 ce samedi), à peine 30 milles après le départ de Gijon ! Le Vendéen qui avait déjà terminé dans le tableau arrière du vainqueur de la deuxième étape, prend une bonne option sur la victoire de cette troisième manche de La Solitaire du Figaro-Eric Bompard cachemire.

Vers 22h00 vendredi, Morgan Lagravière enroulait le premier l'île d'Yeu alors que les calmes annoncés dans le golfe de Gascogne avaient totalement disparus pour laisser place à un flux de Sud-Ouest d'une quinzaine de nœuds. Nicolas Lunven (Generali) le talonnait à un demi mille avec Xavier Macaire (Skipper Hérault) et Julien Villion (Seixo Habitat) dans son sillage. La flotte qui s'était dispersée sur cette première moitié du parcours de 436 milles entre Gijon et Roscoff, repartait alors à la queue-leu-leu pour un long bord de près débridé bâbord amures en direction de la baie d'Audierne.

Le régime de Sud-Ouest prenait du coffre puisqu'au passage d'un front entre Yeu et Belle-Île, la brise montait à plus de trente nœuds sous les rafales. Ce brusque changement de temps générait une mer très désordonnée et forte avec plus de deux mètres de creux, combinée avec une longue houle du large et un mauvais clapot dû aux courants de marée. Les solitaires devaient donc rester à la barre sous un ciel gris, pluvieux et frais, régulièrement inondés par des vagues courtes et parfois déferlantes.

Le matériel était particulièrement sollicité et le premier skipper à être touché par une avarie était la « bleue » Claire Pruvot (Port de Caen Ouistreham) dont une barre de flèche se rompait au large de Belle-Île. Deuxième au classement général des « bizuths » et plutôt bien placée pour contrer le Britannique Jackson Bouttell (Artemis 77), la jeune femme était contrainte d'affaler les voiles, de sécuriser son gréement, puis de mettre le moteur pour rallier Lorient afin de réparer.

Le second à être pénalisé n'était autre que le leader au classement général Yann Eliès! Le skipper de Groupe Quéguiner-Leucémie espoir arrivait à abattre en grand lorsque son étai (câble qui retient le mât par l'avant) se cassait : il perdait un bon mille dans l'opération expresse qu'il effectuait en gréant des drisses pour envoyer son foc solent…

Déjà en ballottage suite à son choix de partir dans l'Ouest après le coup de canon libérateur asturien, Yann Eliès concédait dix milles au leader en milieu d'après-midi, et ne pouvait tenir le tempo sous foc solent avec un demi nœud de moins que ses plus proches concurrents. Cette avarie va donc lui coûter cher à Roscoff puisque Frédéric Duthil (Sepalumic) son dauphin au classement général cumulé (à seulement 57'), est dans le groupe de tête aux côtés de Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) et de Yoann Richomme (DLBC)…

Mais les spécialistes de la baie de Morlaix à l'image de Jérémie Beyou (Maître CoQ) et d'Armel Le Cléac'h (Banque Populaire) sont aussi dans le groupe de tête et fourbissent leurs armes : la renverse de marée aux abords de l'île de Batz cette nuit pourrait leur permettre par leur connaissance des lieux, d'inquiéter un podium qui n'est pas encore acquis. Les Léonards sont connus pour leur instinct prédateur : le Renard et le Chacal…

Car si Morgan Lagravière est pole position pour s'engager dans le virage de Portsall à 35 milles du raz de Sein (passage ce soir vers 20h), il faut s'attendre à ce que les arrivées se suivent de près avec seulement quelques minutes d'écart. Le chamboulement hiérarchique au classement général sur ces trois étapes pourrait donc être conséquent car Xavier Macaire est en passe de reprendre la troisième place à Alexis Loison (Groupe Fiva) qui le suit à plus de trois milles et qui n'avait à Gijon que 3'36 de marge… Michel Desjoyeaux (TBS) qui pointait en troisième position après le raz de Sein, pourrait lui aussi faire un bond en avant puisque pas moins de douze solitaires se tenaient en moins d'une heure au moment du départ espagnol!

Claire Pruvot (Port de Caen Ouistreham): 'Ce matin, le vent a un peu molli et je suis passée sous génois. J'étais légèrement décalée au large, avec 20-23 nœuds et une grosse houle au niveau de Belle-Île. Dans ces conditions, le bateau tapait beaucoup dans les vagues et, soudainement, j'ai entendu un gros boum. J'ai levé la tête le long du mât et j'ai vu la barre de flèche supérieure bâbord qui tournoyait dans le vide, accrochée simplement au hauban. Elle était désaxée du mât et tapait sur le génois. J'ai immédiatement viré pour rester en appui sur les autres barres de flèche. Lorsque j'ai fait état de ma situation à la VHF, tous les concurrents m'ont spontanément donné des conseils pour sécuriser le mât. Il y a une belle solidarité ! Yoann Richomme m'a conseillé de faire route vers Lorient, étant pratique d'un point de vue logistique. J'étais cependant travers au vent et à la houle, sur le mauvais bord, et les quelques heures pour arriver sur Lorient m'ont un peu stressées. A l'arrivée au ponton, j'ai été surprise de voir tout un groupe qui m'attendait ! Maintenant mon objectif est d'être au départ de la 4e étape à Roscoff. Antoine travaille activement sur les réparations, et je pense convoyer demain après une bonne nuit de sommeil et quelques regards à la cartographie pour suivre la course!'

Yann Eliès (Groupe Quéguiner-Leucémie espoir): 'J'étais grand voile haute et génois, dans le Sud des Glénan, à 4 milles. Mon étai a cassé donc il a fallu que j'abatte en grand pour ne pas démâter. J'ai affalé le génois et tout ramassé à l'intérieur. Je me dis que ce serait trop bête d'abandonner maintenant car il y a du vent jusqu'a l'arrivée. Après Penmarc'h ça débride, on passe au vent de travers, puis le raz de Sein se fait avec du vent portant, donc je me dis qu'on va terminer l'étape. Il y a un petit peu de vent, mais ça s'est calmé. Il y a 20 nœuds, et on a pas mal de mer. Claire a cassé une barre de flèche, moi je n'ai pas changé d'étai après la Transat, j'ai fait un connerie ; c'est pas terrible mais bon, c'est chiant...'

Yoann Richomme (DLBC): 'Le vent est un peu tombé. On avait plutôt 25 nœuds en fin de matinée, et cet après-midi, c'est retombé à 20 nœuds. On a beaucoup de mer, elle est très cassante, on est au près pour remonter à Penmarc'h. On pourra enfin ouvrir un peu les écoutes. Ça mouille beaucoup sur le pont et ça demande beaucoup d'attention. Ça va aller assez vite après et tout le monde va en profiter pour recharger les batteries, manger un peu, se changer aussi parce que là je suis congelé. On va attaquer la partie Nord de la côte bretonne, encore incertaine. Ce sera sympa car on arrivera ensuite assez facilement à Roscoff. J'ai pu faire quelques siestes, je dois être le seul car j'ai un meilleur angle donc le pilote barre bien.'

Armel Le Cléac'h (Banque Populaire): 'Le soleil est de retour, et le vent commence à mollir un peu en cette fin d'après-midi. L'AIS permet de me donner des informations sur le reste de la flotte mais aussi d'assurer la veille des cargos et des bateaux de pêches qui étaient nombreux la nuit dernière. Je n'ai pas très bien navigué la première nuit : les prévisions météo se sont trompées sur les calmes du golfe de Gascogne. Je m'en veux un peu ! Parce que maintenant, c'est plus difficile même s'il y a des obstacles comme le raz de Sein, le Four… On a le courant de marée avec nous mais on va finir avec le jusant contraire avant l'île de Batz puisque nous allons arriver de nuit, très en avance sur le programme ! Je suis à trente mètres de Damien Guillou en baie d'Audierne, et il n'y a pas de casse à bord de Banque La Solitaire website

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