Transat Jacques Vabre - Placer le curseur au bon endroit

FenêtréA Cardinal - 2013 Transat Jacques Vabre
Décidément, la flotte des Multi50 paie un fort tribut à cette édition 2013 de la Transat Jacques Vabre. Après l’abandon de Maître Jacques, le chavirage d’Arkema Région Aquitaine a jeté un froid. Pour l’heure, tout va bien à bord de FenêtréA Cardinal, mais les incidents de ces derniers jours incitent à l’adoption d’une conduite prudente.

'Tout va bien… On navigue dans 25 nœuds de vent et les conditions devraient se renforcer dans les heures à venir. Compte tenu des circonstances, il est hors de question de tirer sur le bateau,' Joint en milieu de journée, Erwan Le Roux le confirmait. Pas question de déroger à la ligne de conduite que les deux marins se sont fixés en plein accord. D’autant que lors du chavirage de Lalou Roucayrol et Mayeul Riffet, les deux Multi50 étaient quasiment bord à bord.

Erwan Le Roux et Yann Elies - 2013 Transat Jacques Vabre
© DR
'On était de nuit. On surveillait les feux de Lalou pour éviter une éventuelle route de collision. On était en train de se décaler en latéral par rapport à eux quand tout à coup on a vu leurs feux disparaître. On était en train de se demander ce qui se passait quand Mayeul nous a appelé par VHF, trois ou quatre minutes après le chavirage. On s’est porté à leur hauteur pour leur demander s’ils avaient besoin d’aide, mais ils nous ont dit que tout était OK. On a immédiatement prévenu la direction de course et on a repris notre route… Mais ce n’était pas forcément facile…,' Pour Erwan et Yann, la nuit a forcément été difficile.

'Quand tu côtoies l’accident, il prend tout de suite une autre dimension. Tu sors de l’abstrait. C’est sûr que l’on n’a pas très bien dormi la nuit dernière. De voir les copains à l’envers, c’est triste et ça te fait réfléchir.'

Si l’on fait abstraction de ces dernières heures, Erwan Le Roux et Yann Elies ont navigué conformément à leur plan de marche. L’entente entre les deux hommes est parfaite et le rythme adopté semble payer. 'On a su mettre notre course entre parenthèse dans le golfe de Gascogne pendant les heures les plus rudes. On a navigué à notre main, en essayant de placer le curseur au bon endroit : essayer de ne pas prendre de risques inutiles sans se faire décrocher des hommes de tête. Jusque là, ça ne nous a pas mal réussi. Et c’est un vrai bonheur de naviguer avec un marin comme Yann.' Le tandem de FenêtréA Cardinal avait annoncé la couleur. Il reste fidèle au plan de marche. Jusqu’ici, cette ligne de conduite semble leur réussir.
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