Transat Jacques Vabre - PRB vainqueur, Safran 2ème, Maître CoQ 3ème

Transat Jacques Vabre 2013
4h 01min 36s après PRB, Marc Guillemot et Pascal Bidégorry à bord de Safran ont franchi la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre à 17h 04min 43s (heure française) à Itajaí, au Brésil. Leur temps de course : 17j 4h 43min 23s. Leur vitesse moyenne sur le parcours théorique de 5 450 milles depuis Le Havre a été de 13,08 nœuds. Ils ont parcouru 5 748 milles sur l’eau à la vitesse moyenne de 13,93 nœuds. 31min et 44s après, Jérémie Beyou et Christopher Pratt à bord de Maître CoQ ont coupé la ligne et complètent ainsi le podium.

Vincent Riou et Jean Le Cam réussissent un joli coup à Itajaí après 5 450 milles de course en s’imposant (avec de la marge) après 17 jours 41minutes 47 secondes de course : une arrivée fêtée à la brésilienne en plein milieu de ce dimanche (13h 41min 47s, heure française) et qui précédait de quatre heures, les deux poursuivants qui ont dû batailler jusqu’au bout pour se départager.

Le quatuor des monocoques Imoca qui avait fait le break au large de Salvador de Bahia a finalement implosé au cap Frio : PRB avait ainsi réussi à s’échapper tandis que Cheminées Poujoulat était décroché dans des alizés de secteur Nord-Est très instables. C’est donc au cap Frio que le match s’est joué quand Vincent Riou et Jean Le Cam ont pu se glisser les premiers dans la baie de Rio de Janeiro, traversant difficilement un front orageux assez actif. Plus de 60 milles de marge étaient suffisants pour aborder la dernière ligne droite puisque le vent passait alors au secteur Est en forcissant.

Pas de pause dans le tempo
A vingt nœuds de moyenne sur ces derniers 500 milles, PRB confortait son avantage de plus de 60 milles sur des duellistes très combatifs : Safran réussissait alors à dépasser Maître CoQ grâce à une route plus à terre au large du cap Frio. Le vent d’Est soufflait puissamment mais la mer était encore chaotique et le leader ne chômait pas alors qu’il fallait encore manœuvrer sur les derniers 200 milles pour envoyer le spinnaker puis pour empanner… Vincent Riou et Jean Le Cam assuraient jusqu’au bout sans chercher à préserver le matériel qui avait pourtant plus de dix-sept jours de mer !

Ses deux poursuivants étaient aussi à 120% parce qu’il fallait se départager et avec seulement cinq milles de marge, toute erreur d’anticipation du vent ou de manœuvre lors de l’empannage pouvait inverser la hiérarchie ! Marc Guillemot et Pascal Bidégorry (Safran) ne lâchaient rien pour finir avec 31min 44 sec d’avance sur Jérémie Beyou et Christopher Pratt (Maître CoQ).

Des couples heureux
Cette victoire de Vincent Riou (avec Jean Le Cam) vient à point nommé : il y a quasiment un an jour pour jour, PRB percutait une bouée dérivante lors du Vendée Globe, le contraignant à abandonner ! Le Breton cumule six participations à la Transat Jacques Vabre (dont la première édition en 1993) tandis que Jean Le Cam en aligne sept au compteur. C’est leur première victoire sur cette épreuve pour tous les deux !

Pour Marc Guillemot et Pascal Bidégorry, la place de dauphin a été très disputée jusqu’à l’arrivée et c’est à l’issue d’un parcours remarquable que le duo a conclu magistralement : c’est le troisième podium pour Safran sur la Transat Jacques Vabre après la deuxième place de 2007 et la victoire en 2009.

Enfin, Jérémie Beyou et Christopher Pratt (Maître CoQ) peuvent enfin souffler après une mise en jambe pour le moins tonique : le tandem effectuait en effet sa première transat à bord de l’ex-Banque Populaire qui est un bateau très exigeant et assez complexe à faire marcher. Ces trois équipages ont en tous cas impulsé un rythme extrêmement élevé à la course puisque ces monocoques Imoca alignent après dix-sept jours de course, près de quatorze nœuds de vitesse moyenne sur l’eau, entre Le Havre et Itajaí !

Du côté des Class40
GDF SUEZ (Sébastien Rogues et Fabien Delahaye) en cow-boy solitaire a dépassé Recife semant largement Mare (Jörg Riechers et Pierre Brasseur) et Tales Santander 2014 (Alex Pella et Pablo Santurde). Ces deux Class40 ont bien compris qu’il serait impossible de le rattraper et se concentrent donc sur leur duel, véritable course de vitesse le long des côtes brésiliennes. Derrière, Watt & Sea Région Poitou Charentes, Groupe Picoty et SNCF – Geodis font ménage à trois depuis le Pot au Noir. 19 bateaux ont maintenant doublé l’équateur. Ce sera dans quelques heures le cas pour Matouba et April Deltacalor, sur lequel Tim Darni le benjamin de la course (19 ans) fêtera dignement ce grand moment dans une vie de marin !

Ils ont dit :
Vincent Riou, skipper de PRB (IMOCA) : « Nous n’avons pas beaucoup enlevé les cirés, c’était rapide, sportif, tout le temps. Nous avons allumé ! C’était usant, les périodes de repos ont été rares. Ça ressemblait un peu à ce qu’on peut vivre habituellement en multicoque. Ma première Transat Jacques Vabre remonte à 20 ans. Avec Jean, nous avons tous les deux eu pas mal de déboires dans la Transat Jacques Vabre. Nous sommes heureux de l’emporter cette fois ! Nous avons fait un belle course, nous n’avons jamais raté une manœuvre, nous avons toujours été présent à la barre quand il fallait allumer, on a toujours fait de belles trajectoires. Je n’ai aucun regret sur notre boulot, c’est cette satisfaction que je trouve sympa aujourd’hui. »

Jean Le Cam, co-skipper de PRB (IMOCA) : « Des vitesses en-dessous de 15 nœuds, il n’y en a pas eu beaucoup. On a tiré sur les bateaux, ça été du début à la fin une course où on a tiré sur les bateaux. On n’a jamais eu de conditions relax au vent arrière, c’était tout le temps reaching à fond. Quand les safrans ne tiennent pas faut pas se demander pourquoi ! Il y a deux safrans qui ne sont pas arrivés à Itajaí, alors que sur un tour du monde ils ont tenus. « On ne sait jamais ce qui peut arriver, on a fait une fin de course assez rapide. Hier j’ai vu une grosse tortue qui est passée à 20 mètres du bateau. Si elle était passée sous le safran, c’était cuit. »

Tanguy de Lamotte (Imoca Initiatives Cœur) : « Mauvais réveil ! A 9h30, on se fait surprendre par un autre grain mais cette fois-ci, il y a 30 nœuds en quinze secondes : le bateau part à la gîte, François choque la grand-voile… Le temps que je sorte dehors, il est sur l'écoute de spi mais m'annonce qu'il est déchiré ! Je me rends compte que la bastaque a rendu de 50 cm : on a bien failli démâté ! On largue le spi et on récupère ce qu'on peut sous une pluie diluvienne. Et puis on repart enfin sous code 5 vers Itajai... Dur, dur, mais avec du cœur, tout est possible... »

Armel Tripon - SNCF Geodis (Class40) : « Les conditions météo sont stables depuis à peu près 48 h avec un vent soutenu de travers et des passages de grains de temps en temps qui amène un peu de piquant sinon ce serait un peu routinier ! Encore une grosse semaine avant Itajaí. Nous ne sommes pas loin de Groupe Picoty et Watt & Sea un peu plus loin. Nous sommes partis du Pot au Noir ensemble et on a constitué un petit matelas intéressant sur nos poursuivants. Nous sommes beaucoup sous pilote automatique dans ces conditions, donc on règle constamment nos voiles et rectifions le pilote pour garder des vitesses optimales. »

Pierre Brasseur, co-skipper de Mare (Class40) : « Ca va très bien à bord de Mare, nous avons retrouvé un peu de vent avec un peu de surf ! Nous sommes pleine balle. Depuis le départ nous avançons assez vite et ça continue donc nous sommes contents. Tales Santander 2014 nous rattrape depuis quelques jours déjà, on essaie de le contenir mais c'est vrai qu'il va très vite. On prend le risque de se rapprocher de la côte pour faire moins de milles que lui et agrandir notre avance. »
http://www.sail-world.com/117020