Transat Jacques Vabre - Stamm- On met du charbon autant qu'on peut

Cheminées poujoulat sur la Transat Jacques Vabre 2013
Ce mardi, Cheminées Poujoulat et les quatre autres bateaux de tête de la flotte IMOCA de la Transat Jacques Vabre sont en approche des côtes brésiliennes. Tous ne sont toutefois pas soumis au même régime de vent. Pointés en 5e position, à 189 milles des leaders, Bernard Stamm et Philippe Legros progressent en effet avec un peu moins de pression et un angle plus serré que les deux leaders. Ils continent donc de payer leur option ouest dans le Pot-au-Noir, qui aurait pourtant pu se révéler fructueuse. Heureusement, les 1 700 milles qu'il reste à parcourir jusqu'à Itajai, et notamment ceux entre le cap Frio et l'arrivée, peuvent encore changer la donne. Pas question, en conséquence, de mollir pour le duo franco-suisse qui reste motivé et à l'affût du ou des coups qui lui permettraient d'accéder au podium.

13_19587 ©ThMartinez/Sea&Co PORT LAFORET , BRITANNY - FRANCE, 10 Septembre 2013. Bernard Stamm (SUI) skipper et Philippe Legros (FRA) co-skipper, à l'entrainement à bord du monocoque IMOCA "CHEMINEES POUJOULAT" en vue de la Transat Jacques Vabre 2013, au large des Iles Glénan.

« Notre option ouest dans le Pot-au-Noir nous a coûté cher et elle continue » lâchait Philippe Legros, non sans frustration, ce midi lors de la vacation officielle. De fait, si le tandem de Cheminées Poujoulat a tenté de se décaler légèrement par rapport à ses adversaires, espérant ainsi être moins ralenti, il a au final manqué cruellement de réussite. Résultat, il est sorti de la Zone de Convergence Inter Tropicale avec près de 100 milles de retard sur le duo PRB – Macif, à la bagarre pour la première place. Le hic, c'est que la météo depuis l'équateur ne joue pas non plus en sa faveur et que l'élastique se tend par devant. En d'autres termes, depuis hier, les leaders creusent l'écart puisqu'ils bénéficient à la fois de plus de pression et d'un angle de descente plus intéressant que leurs adversaires. Voilà pourquoi Bernard et Philippe comptabilisent désormais 189 milles de retard.

Un duo à l'affût
« Ce n'est pas facile de constater qu'à chaque pointage on perd quelques longueurs, mais on garde le moral et on s'accroche. On s'applique aux réglages et on met du charbon tant qu'on peut » a expliqué, pour sa part, le skipper suisse. Pas d'autre choix puisque, dans l'immédiat, c'est un très long bord bâbord amure qui se joue. Un bord où la vitesse prime et qui devrait durer encore près de 1 000 milles, soit pratiquement deux jours. « C'est un peu dommage qu'il n'y ait pas de coup à tenter en ce moment. Et pour cause, c'est du tout droit dans les alizés de sud-est, au petit largue, sous grand voile haute et solent. Il n'empêche qu'il faut être dessus. Border et choquer en permanence pour tenter de grappiller des milles » a détaillé Bernard qui s'apprête à dépasser les îles Tristan de Noronah ce mardi, mais aussi et surtout à retrouver un peu plus de vent à partir de ce soir.

13_20645 ©ThMartinez/Sea&Co PORT LAFORET , BRITANNY - FRANCE, 18 Septembre 2013. Bernard Stamm (SUI) skipper et Philippe Legros (FRA) co-skipper, à l'entrainement à bord du monocoque IMOCA "CHEMINEES POUJOULAT" en vue de la Transat Jacques Vabre 2013, au large des Iles Glénan.

Tenter un coup entre Rio et l'arrivée
« S'il ne va sans doute pas se passer grand-chose dans les prochaines 24-48 heures, la suite s'annonce intéressante et c'est tant mieux. Une petite dépression se forme sur un front froid lié à l'anticyclone de Sainte-Hélène. Cela va générer des systèmes que nous allons devoir contourner d'une manière ou d'une autre, à hauteur de Rio de Janeiro. Là, il y aura enfin du jeu possible » se réjouit le skipper de Cheminées Poujoulat qui voit ainsi une belle occasion de recoller au score. « Nous commençons dès maintenant à mettre le nez dans les complications locales. Avant le cap Frio, nous aurons un choix de route à faire. Soit raser la côte au risque de subir des orages et de devoir slalomer entre les pêcheurs, soit partir au large, mais de ce fait rallonger la route. Ce n'est pas facile d'établir une stratégie parce que les modèles météo de cette zone géographique sont très variables et pas franchement fiables. Nous allons voir ce qu'il est possible de faire mais c'est certain, vu notre position, nous allons tenter quelque chose ». C'est dit.
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