Generali Solo - Du grand show en baie de Beaulieu sur Mer

Grand Prix 2 de Beaulieu sur Mer lors de la Generali Solo 2013
© Alexis Courcoux
Le Grand Prix de Beaulieu sur Mer- Ports d'Azur a débuté tambour battant avec deux parcours côtiers lancés aujourd'hui. Deux manches superbes, dont la dernière s'est courue dans une bonne brise de 25 noeuds. Les 16 solitaires ont assuré le spectacle entre le cap d'Ail et le cap Ferrat, déboulant dans les surfs à plus de 15 noeuds.

Trois hommes se sont illustrés sous les falaises de la côte d'Azur. Frédéric Duthil (Sepalumic) remporte la première régate, Thierry Chabagny (Gedimat) s'impose sur la seconde, tandis qu'Adrien Hardy (Agir Recouvrement) signe deux manches de deuxième. Ce soir, le skipper de Sepalumic est en tête du Grand Prix de Beaulieu sur Mer-Ports d'Azur.

De la brise, enfin de la brise ! L'heure des régates avait été avancée ce matin pour anticiper le renforcement du vent dans la journée. C'est donc à 9h30, peu après un rappel général, que les 16 Figaro Bénéteau prenaient le départ du premier parcours côtier, sorte de grande banane entre la baie de Beaulieu et le cap d'Ail, tout près de Monaco.
Ce premier acte disputé dans un vent d'Est d'une dizaine de nœuds s'est révélé très tactique. Il fallait aller jouer à terre, près des falaises, pour prendre le meilleur : attraper des petites risées, bénéficier des effets de côte, s'abriter du clapot et du courant. C'est ce qu'ont fait David Kenefick (Full Irish), Frédéric Duthil, Adrien Hardy, Paul Meilhat (Skipper Macif 2011) ou encore Thierry Chabagny. Tout ce groupe va se présenter aux avant-postes à la marque au vent, Duthil en tête. Bien que doublé sous spi par le jeune Irlandais David Kenefick, le skipper de Sepalumic remporte cette première manche haut la main, sa deuxième victoire depuis le coup d'envoi de La Generali Solo.

En fin de matinée, les premières rafales commencent à animer le plan d'eau. Elles seront annonciatrices d'une deuxième manche de brise de toute beauté. Avant que la procédure ne soit lancée, les génois sont remplacés par les solents et les marins ont l'obligation de porter leur gilet de sauvetage. Cette fois, le tracé les emmène derrière Saint Jean cap Ferrat. Le vent va monter jusqu'à 25 nœuds établis, avec quelques rafales à 30 et ils sont plusieurs gros bras à s'illustrer tout au long du parcours. Thierry Chabagny et Fred Duthil vont s'échanger le leadership aux passages de marques, mais dans les hommes de tête, on trouve aussi Adrien Hardy, Gildas Morvan (Cercle Vert - auteur d'un superbe départ) et Anthony Marchand (Bretagne-Crédit Mutuel Performance), premier à envoyer son grand spi dans le long bord de portant très spectaculaire en direction de la baie de Villefranche sur Mer. Les monotypes fusent dans les surfs, les étraves déjaugées, les marins s'ébaudissent dans les embruns, les compteurs s'affolent. Le passage de la marque « CNRS », derrière les falaises du cap Ferrat, est plus que délicat : après avoir empanné dans le vent fort, les Figaro Bénéteau se font complètement déventer. Duthil, Chabagny et Hardy en profitent pour reprendre les commandes. La fin de la course se soldera par un ménage à trois. Il faudra attendre les derniers surfs devant la ligne d'arrivée pour les départager. Gedimat s'impose finalement, faisant de Thierry Chabagny le recordman en nombre de victoires (3) depuis le coup d'envoi de cette Generali Solo 2013.

Grand Prix 1 de Beaulieu sur Mer lors de la Generali Solo 2013 - le 04/10/2013
© Alexis Courcoux

Ce soir, Frédéric Duthil pointe en tête du Grand Prix de Beaulieu sur Mer-Ports d'Azur, ex æquo en points avec le très régulier Adrien Hardy. Ce dernier est en train de faire son trou au classement général provisoire de La Generali Solo. Après 10 manches, il dispose d'un petit matelas de 11 points sur son dauphin Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012).

Demain samedi, les marins ont rendez-vous sur le plan d'eau à 11 heures pour la suite et la fin du Grand Prix de Beaulieu sur Mer - Ports d'Azur. Deux manches au programme dans un vent que Météo Consult annonce mal établi. Le temps tournera à l'orage et les conditions seront très instables.

Frédéric Duthil (Sepalumic): 'Sur la première manche, j'ai réussi à naviguer comme je voulais, à prendre un bon départ et à toujours garder une bonne vitesse. Il fallait partir en bout de ligne et aller vite à la côte pour prendre les « lifts » à terre.

C'était une bonne première manche, j'ai bien navigué, j'allais très vite au près, j'ai réussi à m'extirper de mauvaises positions pour me retrouver dans une situation très favorable et l'emporter haut la main. La deuxième manche, c'était plus chaud ! Départ dans la brise avec 27-28 nœuds de vent en milieu de ligne sans trop de risques. Après j'ai bien tricoté, Gildas (Morvan) m'a fait un refus de tribord, il a réparé, donc ça en faisait un de moins… Après, je passe au contact avec Thierry (Chabagny) à la bouée au vent, manque de bol, j'avais prévu d'envoyer le grand spi et puis j'ai décidé de mettre le petit, je trouvais que c'était chaud en enroulant la bouée. En fait, les autres l'on fait sous grand spi, mais au moins je n'ai pas pris de risque. Après, en enroulant la pointe de Ferrat, c'était rock-and-roll, il y avait de gros dévents. Je passe en tête, mais c'est difficile de contrôler les autres quand tu es devant. Adrien (Hardy) était dans mon tableau arrière. Thierry est parti à terre, il a pris l'avantage. Et puis sur le bord de reaching à la fin, Adrien me passe sur la ligne d'arrivée. C'est dommage… J'aime bien ces conditions, je trouve ça dommage qu'on ne fasse que deux manches.'

Thierry Chabagny (Gedimat): 'C'est plus physique la brise, c'est plus de la stratégie comme on a l'habitude de faire. Il se trouve que j'ai plus de réussite quand il y a du vent établi. Et puis dans la brise, il y a de la sensation, ça glisse bien, on a fait des belles pointes, pas loin de 16-17 nœuds. J'ai choisi le grand spi sur la deuxième manche. Anthony (Marchand) a fait un très beau bord par dessous, il a mis tout le monde d'accord. Ensuite j'ai réussi à rester derrière Fred (Duthil), mais sur la fin, il a tiré un peu trop loin. J'en ai profité!

Tout le temps, c'était mieux à la côte, mais un peu moins sur la deuxième manche. On a vu Gildas sur le deuxième bord partir au large et gagner trois places. C'est ce qui est compliqué, il faut vraiment être attentif, car ça change très vite, on savait que le vent fort allait rentrer mais on ne savait pas trop à quel moment. C'est là qu'il faut être réactif.'

Adrien Hardy (Agir Recouvrement): 'Je suis content du finish, ce n'est pas évident de trouver le bon dosage entre attaquer ou pas, prendre des risques ou pas. Je suis revenu en vitesse à la fin sur Fred (Duthil). C'est bien de gagner des places sur le finish, c'est très satisfaisant, car depuis le début de la Generali, je gagne un paquet de points juste avant la ligne. Je suis très content. J'ai été tout le temps devant aujourd'hui. J'ai pris un départ pas trop mal, après j'allais vite au près. Dans ce vent là, il y a une différence de vitesse entre les bateaux, et le fait d'avoir un petit plus en vitesse et en manœuvre, ça aide. J'ai fait une erreur, je n'avais pas drissé mon petit spi sur la deuxième manche, mon spi n'était pas en tête, j'ai perdu en vitesse. C'est ma seule erreur. Après je reviens à la pointe, je fais une belle manœuvre. On est arrivé tous les trois hyper serrés. C'était vraiment bien!'

Paul Meilhat (Skipper Macif 2011): 'La première course n'était pas une manche de brise, on ne s'attendait pas à ça. Je fais quelques petites erreurs, des petits virements ratés, des petites erreurs de placement. Je suis déçu parce que je perds quelques places, j'aurais pu faire une excellente journée parce que je suis à l'aise sur les départs et les choix tactiques. Mais bon, je fais 7 et 5, c'est pas mal. J'ai bien analysé le plan d'eau : ici, il faut jouer les effets de cap et de site. Sur le dernier bord de vent arrière, on est passé sur un autre schéma parce que le vent est rentré à 25-30 nœuds. Sur la deuxième manche, je suis content, il fallait de la vitesse, réaliser de belles manœuvres, et puis réussir la conduite sous spi dans la brise avec des surfs à plus de 15 nœuds ; c'est une journée positive, maintenant j'aimerais arriver un peu plus haut dans le classement.'

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