Fabien Delahaye: Le Vendée Globe est un aboutissement sportif

Fabien Delahaye
Et si Fabien Delahaye succédait à François Gabart au palmarès du Vendée Globe, comme il l’a fait en 2011 pour le titre de champion de France de Course au Large en solitaire ? Pour ce talentueux Figariste de 29 ans, récent vainqueur de la Transat Jacques Vabre en Class40, décrocher un budget pour le tour du monde en solo serait une première victoire. Entretien.

Après des expériences en Figaro et en Class40, passer au circuit IMOCA serait une suite logique?

Oui. J’ai déjà cinq ans en Figaro derrière moi et je prépare une sixième saison. J’ai commencé avec un projet régional, sous les couleurs de Port de Caen-Ouistreham. Puis j’ai enchaîné en devenant Skipper MACIF et en intégrant une équipe d’envergure. Je souhaite poursuivre cette montée en puissance en naviguant à bord d’un 60 pieds IMOCA. Le Vendée Globe est une course qui m’intéresse depuis longtemps. C’est l’exercice ultime de la course au large en solitaire, un aboutissement sportif. La préparation est passionnante, notamment à travers l’aspect technologique. Et une fois en course, on va chercher au plus loin de soi-même, on puise dans ses ressources physiques et mentales. Aujourd’hui, je me sens vraiment prêt à relever le défi, c’est le bon moment. J’ai suffisamment d’expérience sur l’eau et en gestion de projet pour franchir le pas. Je fais tout pour y parvenir.

As-tu des pistes de financement concrètes?

J’ai des contacts sérieux pour lancer ce projet qui est construit sur le papier. Des gens sont potentiellement intéressés mais rien de signé pour le moment. Il va falloir concrétiser ces « touches » et il me reste encore du boulot de démarchage. Tout devra se débloquer en 2014.

Ta victoire dans la Transat Jacques Vabre en Class40, en double avec Sébastien Rogues, constitue un argument de plus pour convaincre d’éventuels partenaires?

Cette victoire a permis une mise en avant médiatique non négligeable. Et sportivement, c’était une expérience enrichissante en vue d’un futur projet en IMOCA, car les Class40 sont des prototypes. Et je n’étais jamais descendu aussi Sud, j’ai d’ailleurs franchi l’équateur pour première fois. Le parcours entre Le Havre et Itajai (Brésil) ressemblait fort à un début de Vendée Globe.

'J’ai vécu de l’intérieur le Vendée Globe de François Gabart'

En tant que skipper Macif, tu as dû suivre de très près le Vendée Globe de François Gabart?


Nous nous connaissons très bien avec François. Comme nous partageons le même partenaire, j’ai suivi toute sa préparation, le départ, la course. Chaque jour, je suivais avec attention son parcours, et celui des autres concurrents. Je me sentais impliqué, j’ai vécu de l’intérieur son Vendée Globe. C’était un premier pas dans cette course. Cela donne des envies…

La logique voudrait que Macif s’engage dans le prochain Vendée Globe à tes côtés…

Mais ce ne sera pas le cas car Macif est parti sur un projet de maxi trimaran avec François. Je ne ferai donc pas le prochain Vendée Globe sous ces couleurs. Mais j’ai le soutien de mon partenaire actuel pour monter un projet en IMOCA : un atout de taille.

Si tu décroches un budget, tu seras sûrement bien placé pour récupérer le très convoité 60 pieds IMOCA de François Gabart…

Macif fait effectivement partie des cibles les plus intéressantes et donc les plus convoitées. Rien ne dit que j’en serai le prochain skipper. Le marché de l’occasion n’est pas encore très clair. Nous en saurons beaucoup plus après la Route du Rhum et la Barcelona World Race, car des bateaux seront libres à l’issue de ces courses.

Quelle est ton expérience en IMOCA?

J’ai navigué avec Armel Le Cléac’h à bord de Brit Air puis de Banque Populaire quand il préparait la Transat Jacques Vabre 2011. J’ai aussi fait quelques sorties avec François Gabart à bord de Macif. Mais jamais vraiment au large, et jamais vraiment longtemps. Juste de quoi donner envie!

Vendee Globe
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