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Transat Bretagne - Martinique - Cinquième set

by Marie Le Berrigaud Perochon on 6 Apr 2013
Gildas Morvan - CERCLE VERT - 2013 Transat Bretagne-Martinique © Alexis Courcoux
Tout donner. Se dire que ce sont les bords de la dernière chance. A moins de 500 milles du but, il y a encore du jeu sur la terre battue de l'Atlantique. Si Erwan Tabarly (Armor Lux - Comptoir de la Mer) tente d'assurer sa place de premier, Gildas Morvan (Cercle Vert) et Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) sont en plein ‘Tie Break’.

11 milles les séparent, les empannages tactiques ressemblent à des services-volées. Spécialiste du fond de court, Anthony Marchand (Bretagne - Crédit Mutuel Performance) préserve sa place de quatrième devant Adrien Hardy (Agir Recouvrement), qui malgré son bateau handicapé, renvoie les coups sans faire de faute. Il persévère à 9 noeuds face à Yoann Richomme (DLBC - Module Création), capable d'envoyer un dernier bord à la manière d'un « ace » pour clore le match. Une Transat Bretagne - Martinique façon stade nautique, animée par de grands champions, lesquels après 19 jours de course, se battent comme des enragés pour figurer en haut du tableau…

C’est à cela que l’on reconnaît les compétiteurs. La lutte peut durer des heures, des jours, des semaines, ils seront toujours « dessus » à batailler. Il y a bien sûr des coups de mou, des crampes, des cordes cassées, des coups de gueule… mais il y a surtout les incroyables instants où l’on se surpasse. « J’ai beaucoup appris sur moi-même et sur le bateau malgré les embûches.

Je suis heureux d’avoir réparé mon hauban, c’est une vraie satisfaction. Il ne faut pas oublier que le principal pour un marin, c’est d’amener le bateau et le bonhomme à bon port et en entiers. » avouait Arnaud Godart-Philippe (Régates Sénonaises) à la vacation ce matin. Arnaud, un exemple de combativité face à la dureté des éléments et des avaries successives. Comme tous les marins de la flotte…

Aujourd’hui, les figaristes, vivent leurs derniers jours sur l’eau et bataillent façon Solitaire du Figaro – Eric Bompart cachemire. Pas question de mollir pour Gildas Morvan menacé par un Fabien Delahaye incisif qui ne cesse de le coller aux trousses. Le Géant Vert a réussi depuis 5h ce matin à creuser l’écart de 2 petits milles supplémentaires. 2 milles qui seront peut être salutaires pour terminer sur la seconde place du podium. « Il va falloir faire l’empannage au bon moment, pas trop tôt pas trop tard, ça va déterminer l’angle pour La Martinique. On va voir la pression et puis ça va être une course de vitesse à bâbord. C’est sûr que là, nous sommes en mode Figaro, il faut garder une certaine lucidité et trouver un compromis entre barrer et récupérer des petits moments de sommeil. » soulignait Gildas ce matin.

Plus de joker, fini les balles neuves, les concurrents naviguent maintenant avec leur dernières cartouches. Spi mal en point, génois en moins, nourriture minimaliste, ils attaquent leur dernier bord d’endurance et de vitesse. Bâbord amures toute, cap sur l’îlet Cabri ! Dimanche, les quatre premiers concurrents devraient traverser la baie de Fort-de-France à quelques heures d’écart sur toute la journée. En deux jours, ils devraient être dix à couper la ligne d’arrivée. Une finale en cinq set qui nous tient en haleine…

Les cinq premiers à 16 h - Télécharger l'intégralité du classement:

1 : Armor Lux – Comptoir de la Mer (Erwan Tabarly) à 411,43 milles de l’arrivée
2 : Cercle Vert (Gildas Morvan) à 41,98 milles
3 : Skipper Macif 2012 (Fabien Delahaye) à 53,09 milles
4 : Bretagne – Crédit Mutuel Performance (Anthony Marchand) à 84,93 milles
5 : Agir Recouvrement (Adrien Hardy) à 103,02 milles…

Gildas Morvan (Cercle Vert): ‘C’est pas mal, la mer s’est bien aplatie. Il y avait un peu plus mou en début de nuit puis c’est rentré entre 23 et 28 nœuds de vent. Ca va assez vite, donc c’est assez agréable. Il y a du boulot, il va se passer des choses, il va falloir bien gérer l’empannage qui va venir. On va un peu plus vite qu’Erwan Tabarly qui est au sud, donc il peut y avoir du jeu et ça peut être serré. Je pense que le vent est rentré par derrière, sous le flux d’est Fabien en a profité et il a du accélérer et c‘est pour ça qu’il est revenu. Il va falloir faire l’empannage au bon moment, pas trop tôt pas trop tard, ça va déterminer l’angle pour La Martinique. On va voir la pression et puis ça va être une course de vitesse à bâbord. C’est sûr que là nous sommes en mode Figaro, il faut garder une certaine lucidité et trouver un compromis entre barrer et récupérer des petits moments de sommeil.’

Yoann Richomme (DLBC – Module Création): ‘On a encore eu une super nuit, ciel étoilé, un ou deux petits grains mais pas grande chose. J’ai pu me reposer, c’était sympathique. Je ne vais pas tarder à ré-empanner et faire un petit coup de sud. Il va y avoir quelques séries d’empannages. En général, la journée le vent tourne à droite sous l’effet du soleil, on reste en bâbord et la nuit on passe en tribord. L’objectif, c’est de passer devant Adrien. Il tient bien, il semble très fatigué, il a du faire des pauses cette nuit, mais c’est clairement l’objectif ! La nuit, c’est très noir, il y a de moins en moins de lune, ce n’est pas facile de barrer. La nuit, je suis sous pilote et la journée à la barre pour prendre un max de surfs et recoller au plus près d’Adrien. Pour moi on va arriver dimanche en fin d’après-midi !’

Adrien Hardy (Agir Recouvrement): ‘Ca va mieux qu’hier soir car j’ai réussi à dormir cette nuit, je suis plus en forme.

J’étais en bâbord toute la journée. Dès que je suis un peu lofé le bateau par en vrac. Ce qui arrive toutes les 20 minutes : tu affales et tu le remets droit. C’est un peu impressionnant mais tu finis par t’y faire. Je vais surtout essayer de ne pas trop empanner, mais prendre un angle de descente bas pour arriver vers la Martinique. Il faut que je reste comme ça. Ce n’est pas idéal mais vu le temps de course qu’il me reste, je ne vais rien réparer et tenir comme ça jusqu’au bout. Ca va le faire. Je pense pouvoir être assez performant sur la fin de course. Je garde la cadence et puis le fait d’avoir dormi cette nuit ça me remotive. Quand le bateau ne part pas trop en vrac, j’arrive à avoir des vitesses assez sympas!'


Simon Troël (Les Recycleurs bretons): ‘C’était un peu compliqué cette nuit. Nous avons eu beaucoup d’empannages dans les grains mais c’était plutôt rigolo. C’était vraiment de la régate. Il faut prendre les bons angles. Quand je décide d’empanner, j’attends de voir avant comment est le vent et quand je suis trop au-dessus de la route j’empanne. Physiquement, c’est un peu fatigant mais je me suis refais une santé la nuit dernière donc c’est bon. ETA ? 23h48 TU à la pointe dimanche. C’est entre 20 heures et 23 heures le dimanche en gros. J’essaie de contenir mon camarade Corentin Horeau (Bretagne – Crédit Mutuel Espoir) donc je vais être à fond jusqu'à demain matin avec encore des empannages puis repos. Il n’y a pas de nouveau souci à bord, je ne suis pas 100% car j’ai éclaté un grand spi. Ou alors on peut dire que je suis à 100% mais je n’ai plus de joker.’

Anthony Marchand (Bretagne – Crédit Mutuel Performance): 'Je me suis reposé, mais je suis quand même crevé. Les réveils après les siestes sont durs. J’avais du vent au nord et j’étais bien. J’ai eu quelques copains au téléphone l’autre jour, ils n’avaient pas très envie de faire du sud mais plutôt du nord mais bon ! Moi je suis isolé et c’est bien. Il va y avoir un empannage, un dernier, à caler puis il faudra aller vite. Il va falloir réfléchir, les routages indiquent une zone d’empannage. Il va falloir le faire ni trop tôt, ni trop tard et regarder le positionnement des autres. Il va peut-être falloir le faire en plusieurs fois. Je n’ai plus de génois, j’en aurais eu l’utilité pour faire le tour de l’île et j’ai la chance d’avoir une pénalité de dix minutes pour avoir perdu une voile ! C’est dans le Transat Bretagne Martinique

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